Page 18 - Revue Energie & Stratégie N° 72
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          prometteuses pour remplacer les carburants traditionnels dans le   destinés au transport maritime chaque année, relève la BM, estimant
          transport  maritime.                                que ce port marocain est bien placé pour devenir un hub de soutage
          Par conséquent, des quantités importantes d’hydrogène  vert   de carburant vert, captant la demande des navires transitant par
          seront nécessaires pour alimenter le transport maritime ainsi que   l’un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde.
          d’autres secteurs, observe la BM, relevant que cela représente une   Le port de Jorf Lasfar joue également un rôle stratégique dans cette
          «excellente opportunité» pour certains pays, comme le Maroc, de   transformation, en traitant déjà environ deux millions de tonnes
          tirer profit d’une industrie nouvelle et en pleine croissance.  d’ammoniac par an, ajoute-t-on, notant que cela en fait un site idéal
          «Le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses   pour intégrer les dérivés de l’hydrogène vert comme intrants dans
          ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel   les procédés industriels existants.
          de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour   «En utilisant l’ammoniac vert pour produire des engrais, Jorf Lasfar
          répondre à cette demande», estime la Banque mondiale.  pourrait contribuer à la décarbonisation du secteur des engrais au
          A ce propos, l’institution mondiale relève que les infrastructures   Maroc», soulignent encore les auteurs de l’article.
          portuaires constituent un élément majeur du cadre stratégique du   Au-delà du secteur maritime, les ressources marocaines en énergies
          gouvernement marocain pour développer la filière de l’hydrogène
          vert, notant que des ports marocains comme ceux de  Tanger   renouvelables constituent la base d’une production d’hydrogène
          Med, Mohammedia,  Jorf Lasfar et  Tan-Tan pourraient jouer un rôle   vert à grande échelle et à faible coût, soutient l’article.
          déterminant dans la réalisation des ambitions du Maroc en matière   Et de souligner que l’intérêt pour l’hydrogène vert est porté par la
          d’hydrogène vert.                                   croissance de la demande mondiale en énergie et en carburants, y
          En effet, le Groupe de la Banque mondiale estime que, d’ici 2030, dans   compris les alternatives aux combustibles fossiles.
          un scénario de demande moyenne, les navires faisant escale dans   L’article relève, par ailleurs, que l’Europe, dans le cadre de son
          les  ports  marocains  pourraient  nécessiter  environ  0,2  million  de   initiative «REPowerEU», devrait importer plus de 10 millions de tonnes
          tonnes d’hydrogène équivalent en carburant, et environ 2,83 millions   d’hydrogène vert par an d’ici 2030, faisant du Maroc un partenaire
          de tonnes d’ici 2050. Cet hydrogène serait converti en combustible   naturel en raison de sa proximité et de son potentiel de production.
          marin vert sous forme d’ammoniac ou de méthanol.    Les voies maritimes qui traversent le détroit de Gibraltar renforcent
          Actuellement, Tanger Med, l’un des plus grands ports à conteneurs au   davantage la position du Maroc en tant que pôle mondial de
          monde, traite autour de 1,5 million de tonnes de carburants fossiles   l’hydrogène, conclut la BM.


           ACCORD POUR LA MISE EN ŒUVRE

          DU PROGRAMME MONDIAL POUR LES
          PARCS ÉCO-INDUSTRIELS AU MAROC

             n accord relatif  à la mise en  œuvre du programme mondial
             pour les parcs éco-industriels (GEIPP II) au Maroc, a été signé, le
         U16 mars à Rabat, visant à accompagner la transition des parcs
          industriels  marocains vers  des  parcs  éco-parcs  industriels.
          Cet accord a été signé par le ministre de l’Industrie et du Commerce,
          Ryad Mezzour, l’Ambassadeur de la Suisse au Maroc, Valentin Zellweger,
          et la représentante pays de l’Organisation des Nations Unies pour le
          développement industriel (ONUDI) au Maroc, Sanae Lahlou.
          Ce nouveau projet, qui constitue un jalon stratégique dans le cadre
          d’une coopération de longue date entre le Maroc, la Confédération   projet s’inscrit dans la continuité des efforts  visant à améliorer
          suisse et l’ONUDI, s’inscrit dans une  vision partagée  visant à
          promouvoir une industrie plus compétitive, plus résiliente et plus   progressivement les conditions d’accueil des industriels, en
          respectueuse de l’environnement.                    favorisant une production de plus en plus propre au sein des
          Ainsi, il  vise à améliorer la performance environnementale et   espaces industriels, relevant que cette orientation a été portée
          économique des zones industrielles grâce à l’efficience des   conjointement avec l’ONUDI et la coopération suisse, qui ont
          ressources, aux synergies industrielles et à une gestion intégrée.  accompagné le  Maroc  dans  la mise en  œuvre  de  ces initiatives.
          Conçu sur la base des enseignements tirés de la phase pilote au Maroc   M. Mezzour a également mis en avant l’importance de mesurer et de
          «EIP light touch» et des interventions dans les autres pays (Colombie,   réduire l’empreinte carbone  des activités industrielles, rappelant
          Pérou, Ukraine,  Vietnam et  Afrique du Sud), le projet permettra de   que la mise en place d’outils permettant d’évaluer et de certifier
          capitaliser sur les résultats obtenus, d’ancrer davantage l’approche   ces performances constitue un élément essentiel pour leur
          des parcs éco-industriels (PEI) dans le contexte marocain et d’en   reconnaissance à l’échelle internationale.
          assurer un déploiement progressif à l’échelle nationale.  De  son  côté,  M.Zellweger,  a  souligné  que  cette  initiative  confirme
          Mis en œuvre sur une période de trois ans (2026–2028) avec un   la  volonté commune de travailler étroitement pour renforcer la
          budget indicatif de trois millions de francs suisses, le GEIPP Maroc   compétitivité économique et favoriser la création d’emplois.
          vise à promouvoir les approches d’économie circulaire au sein des   Il a indiqué que ce projet ambitionne de rendre les parcs industriels
          industries, réduire l’empreinte climatique du secteur industriel et   plus écologiques, plus durables et plus compétitifs, tout en
          renforcer la capacité des parcs industriels à s’adapter aux effets   contribuant à la création d’emplois.
          du changement climatique. Il contribuera ainsi à un développement   Pour sa part, Mme Lahlou a affirmé que le programme  vise à
          industriel inclusif et durable, fondé sur les principes de l’économie   accompagner la transition des parcs industriels marocains vers des
          circulaire. L’intervention prendra également en compte la dimension   parcs éco-parcs industriels, précisant que cette démarche repose
          sociale du développement, en répondant aux besoins prioritaires du   notamment sur la réduction des déchets et des émissions de CO2,
          pays dans ce domaine.                               l’optimisation de l’utilisation de l’énergie et des ressources naturelles,
          Intervenant à cette occasion, M.Mezzour a indiqué que ce   ainsi que le développement de synergies entre entreprises dans le
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