Page 18 - Revue Energie & Stratégie N° 73
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18 ACTU NATIONALES
Pour sa part, le vice-président en charge de l’Agrobusiness et Groupe OCP et avec le soutien de l’UM6P, la réunion de printemps,
des Solutions de durabilité au Groupe OCP, Younes Addou, a fait placée sous le thème «Resilient Transitions», rassemble dirigeants
remarquer que l’agriculture, qui joue un rôle fondamental dans politiques, responsables d’organisations internationales, experts,
le développement, la résilience climatique et la transformation investisseurs et acteurs de la société civile afin d’identifier les
économique du continent, reste confrontée à de nombreux défis qui priorités émergentes, de structurer des coalitions d’acteurs
requièrent davantage de coordination, une mobilisation collective et et d’élaborer des solutions concrètes pour répondre aux défis
une vision commune de la transformation agricole. mondiaux.
«En combinant politiques publiques, investissements privés et Le programme de cette rencontre s’est articulé autour de trois axes
expertise technique, nous pouvons accélérer la transformation de principaux, à savoir «les systèmes alimentaires et la transformation
l’agriculture africaine et générer d’importants bénéfices pour les agricole en Afrique», «l’investissement dans les enfants et les
agriculteurs, les communautés et les générations à venir». générations futures» et «la gouvernance responsable des minéraux
Organisée par le Forum de Paris sur la Paix en partenariat avec le de transition».
LAUSANNE :
MISE EN AVANT DES PROGRÈS DU
MAROC EN MATIÈRE DE TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE
a ministre de la Transition énergétique et du Développement
durable, Leïla Benali, a livré, le 6 juin à l’École polytechnique
Lfédérale de Lausanne (EPFL), une analyse des mutations à l’œuvre
dans le secteur énergétique, mettant en avant les progrès réalisés
par le Maroc en matière de transition énergétique.
Animant une conférence sur les «enjeux énergétiques et
climatiques», Mme Benali a décrit la transition énergétique comme Dans le même ordre d’idées, la ministre a mis en avant les avancées
bien plus qu’une transformation technologique ou économique. en matière d’efficacité énergétique et d’autoproduction, présentées
comme des leviers de «démocratie énergétique», permettant aux
Selon elle, il s’agit avant tout d’une recomposition sociale et politique citoyens de produire leur propre électricité et de mieux maîtriser
qui redéfinit les chaînes de valeur, les équilibres géostratégiques et leurs coûts. La réforme du cadre législatif, accélérée après la crise
le contrat social entre États et citoyens. énergétique de 2023, a introduit des mécanismes incitatifs «bonus»
S’appuyant sur des exemples internationaux, notamment les grands en ce sens.
projets hydroélectriques en Chine occidentale, elle a insisté sur la Malgré ces avancées, Mme Benali a pointé un défi central, celui
dimension profondément politique des choix énergétiques. d’assurer la continuité des réformes et d’inscrire ces transformations
Devant un parterre d’étudiants, de professeurs et de représentants dans la durée. Elle a, à ce propos, appelé les étudiants à prendre
institutionnels et diplomatiques, Mme Benali a évoqué part à cette «aventure humaine» dans un monde marqué par
l’interdépendance croissante entre transition énergétique et l’accélération des crises, les tensions géopolitiques et les mutations
intelligence artificielle, deux dynamiques qui bouleversent à la fois technologiques.
les infrastructures, les besoins en métaux critiques et les modèles La ministre les a exhortés à développer rigueur scientifique,
industriels. esprit critique et ouverture internationale pour relever des défis
Revenant sur le Maroc, la ministre a mis en avant l’accélération systémiques, du changement climatique à la perte de biodiversité,
des réformes depuis 2021, marquée par une nette hausse des en passant par les nouvelles formes de conflictualité.
investissements. Près de 3 gigawatts d’autorisations en énergies Organisée par l’Association des Polytechniciens marocains de
renouvelables ont ainsi été accordés en trois mois cette année, Lausanne (APML) et le Model United Nations (MUN) de l’EPFL, en
tandis que le rythme des investissements a été triplé dans le secteur présence de représentants notamment de l’ambassade du Maroc en
et multiplié par cinq dans les réseaux électriques, longtemps sous- Suisse, la conférence avait pour objectif de croiser les regards autour
financés. d’enjeux qui dépassent les frontières et engagent directement la
Le Royaume devrait ainsi atteindre avant 2030 son objectif de 50 responsabilité des nouvelles générations.
% de capacité installée en énergies renouvelables, a-t-elle affirmé, Le débat qui s’en est suivi a donné lieu à des échanges approfondis
insistant sur l’importance de maintenir cette dynamique et de sur l’actualité internationale, notamment l’impact du blocage du
transformer durablement la gouvernance du secteur. détroit d’Ormuz et les différents enjeux énergétiques.
ÉNERGIES PROPRES : e Maroc s’impose comme une puissance consolide progressivement son profil de futur
émergente dans le secteur des énergies
exportateur d’énergie, après avoir longtemps
LE MAROC Lpropres, à la faveur d’une stratégie dépendu à plus de 90 % des combustibles
ambitieuse qui le positionne comme un
fossiles pour sa production électrique, souligne
partenaire clé pour l’approvisionnement la publication.
S’AFFIRME COMME énergétique de l’Europe, écrit le 8 juin le journal Cette transition s’appuie sur des atouts naturels
électronique espagnol Merca2. notables, notamment un ensoleillement annuel
UNE PUISSANCE Porté par plus de 4.000 mégawatts (MW) avoisinant les 3.000 heures et des régimes de
de capacités renouvelables installées et
vents soutenus le long de la façade atlantique,
ÉMERGENTE un objectif de 52 % d’électricité d’origine favorisant l’afflux d’investissements privés dans
renouvelable à l’horizon 2030, le Royaume
le secteur, poursuit l’auteur de l’article.
ENERGIE & STRA TÉGIE | 2 ÈME TRIMESTRES 2026

